Aller au contenu

Tout savoir sur la législation des voitures de fonction et vos droits en entreprise

Cadre d'entreprise en costume bleu marine debout à côté d'une voiture de fonction grise dans un parking souterrain
Lecture : 5 min

Un salarié qui reçoit les clés d’un véhicule mis à disposition par son employeur ne mesure pas toujours les implications juridiques et fiscales de cet avantage. La voiture de fonction obéit à des règles précises, inscrites dans le contrat de travail et encadrées par le droit social. Depuis février 2025, de nouveaux barèmes URSSAF complexifient encore le calcul de l’avantage en nature, avec des conséquences directes sur la fiche de paie.

Voiture de fonction et contrat de travail : ce que le droit protège vraiment

La voiture de fonction se distingue du véhicule de service par un point fondamental : elle peut être utilisée à titre personnel, le soir, le week-end et pendant les congés. Ce n’est pas un simple outil professionnel, c’est un élément contractuel.

Lorsque l’employeur mentionne cette mise à disposition dans le contrat, il ne peut plus la retirer unilatéralement. La Cour de cassation a confirmé à plusieurs reprises que supprimer un véhicule de fonction équivaut à modifier le contrat de travail. Le salarié peut refuser cette modification. Il peut aussi prendre acte de la rupture de son contrat ou saisir le conseil de prud’hommes.

Vous vous demandez si la mention « véhicule de service » dans votre contrat change la donne ? Ce n’est pas le terme employé qui compte, mais les conditions réelles d’utilisation. Si vous ramenez le véhicule chez vous chaque soir et l’utilisez librement le week-end, la jurisprudence le requalifie en véhicule de fonction, peu importe ce que dit la clause. Pour approfondir le code du travail voiture de fonction sur Auto Tech, les obligations contractuelles y sont détaillées par type de situation.

Deux barèmes URSSAF dans une même flotte : le piège fiscal de 2025

Depuis l’arrêté du 25 février 2025, l’URSSAF applique un double régime de calcul de l’avantage en nature véhicule. Le critère déterminant n’est pas la date d’achat du véhicule, mais la date de mise à disposition au salarié.

Femme cadre consultant un contrat de voiture de fonction à son bureau avec des clés de voiture posées dessus

Pour les véhicules mis à disposition avant le 1er février 2025, les anciens taux forfaitaires restent en vigueur. Pour ceux attribués à partir de cette date, les taux ont été significativement relevés.

  • Véhicule acheté, mis à disposition avant février 2025 : forfait basé sur 9 % du coût d’achat (ou 6 % si le véhicule a plus de cinq ans), avec majoration si l’employeur prend en charge le carburant.
  • Véhicule acheté, mis à disposition à compter de février 2025 : le forfait grimpe à 15 % ou 20 % du coût d’achat, selon la prise en charge du carburant.
  • Véhicule en location, mis à disposition à compter de février 2025 : le forfait atteint 50 % ou 67 % du coût global annuel de location, là encore selon le carburant.

Résultat concret : deux salariés d’une même entreprise avec le même modèle de voiture peuvent avoir un avantage en nature très différent sur leur bulletin de paie, simplement parce que l’un a reçu le véhicule en janvier et l’autre en mars 2025. Les services RH et paie doivent suivre chaque attribution individuellement.

Voiture de fonction électrique : un avantage en nature réduit jusqu’en 2027

Les véhicules 100 % électriques bénéficient d’un régime dérogatoire qui mérite attention. Pour les mises à disposition entre le 1er février 2025 et le 31 décembre 2027, l’évaluation forfaitaire de l’avantage en nature est réduite de moitié par rapport aux véhicules thermiques, dans la limite d’un plafond annuel.

Les frais d’électricité pris en charge par l’employeur pour la recharge du véhicule sur le lieu de travail sont exclus de l’assiette de calcul pendant cette période.

Pour un dirigeant ou un salarié qui hésite entre un modèle thermique et un électrique, l’écart de traitement social peut représenter un montant non négligeable chaque mois. Ce régime de faveur est cependant temporaire, prévu jusqu’en 2027.

Amendes, accidents et géolocalisation : trois zones de friction employeur-salarié

Pourquoi ces sujets génèrent-ils autant de litiges ? Parce que la voiture de fonction brouille la frontière entre vie professionnelle et vie privée.

Les amendes sont adressées au titulaire de la carte grise, donc à l’employeur ou au loueur. Depuis l’article L121-6 du Code de la route, l’employeur doit communiquer l’identité du conducteur responsable de l’infraction. Le salarié désigné paie l’amende et subit le retrait de points.

Responsable RH et employé en réunion discutant des droits liés à la voiture de fonction en entreprise

En cas d’accident avec le véhicule de fonction, la responsabilité dépend du contexte. Pendant un déplacement professionnel, l’accident relève du régime des accidents du travail. Lors d’un usage personnel, c’est l’assurance du véhicule qui intervient, mais l’employeur reste responsable de l’entretien et de l’assurance du véhicule.

La géolocalisation du véhicule est un autre point sensible. Un employeur peut équiper sa flotte d’un système de suivi GPS, mais uniquement pour des finalités précises (sécurité, optimisation des trajets professionnels). Le suivi en dehors des heures de travail est interdit. Le salarié doit pouvoir désactiver la géolocalisation pendant ses déplacements personnels.

La voiture de fonction reste l’un des avantages en nature les plus encadrés du droit du travail français. Les barèmes 2025 ajoutent une couche de complexité administrative que ni les employeurs ni les salariés ne peuvent ignorer, surtout dans les flottes mixtes où coexistent désormais deux régimes de calcul pour un même modèle de véhicule.

Tout savoir sur la législation des voitures de fonction et vos droits en entreprise