
Le Sécuridrap est un dispositif médical textile de contention adapté, utilisé principalement en EHPAD, en gériatrie et dans les services hospitaliers. Il vise à prévenir les chutes nocturnes chez les patients désorientés ou présentant un faible tonus musculaire, sans recourir à une immobilisation rigide.
Contention textile et réduction de la charge soignante en établissement
Dans les structures de soins, la gestion des patients à risque de chute mobilise un temps considérable. Les équipes soignantes doivent surveiller, intervenir, repositionner, parfois plusieurs fois par nuit. Ce temps, prélevé sur d’autres actes de soin, pèse sur l’organisation globale d’un service.
Le Sécuridrap répond à cette contrainte par une approche textile. Plutôt qu’un système de barrières mécaniques ou de sangles classiques, il s’agit d’un drap de contention douce enveloppant le patient dans son lit. Le tissu maintient la personne allongée tout en lui laissant une liberté de mouvement partielle (bras, tête, rotation du buste).
Ce principe de contention textile présente un avantage direct pour les soignants : il réduit les interventions nocturnes liées aux tentatives de lever non accompagnées. Dans un contexte où les tensions d’approvisionnement sur certains médicaments de soins courants persistent en France, les solutions de prévention non médicamenteuses gagnent en pertinence dans la gestion quotidienne des établissements.
Comprendre l’innovation sécuridrap pour le confort et la sécurité passe par cette double lecture : un bénéfice patient (prévention des chutes) et un bénéfice organisationnel (réduction de la charge de travail nocturne).

Système de fixation Sécuridrap Selfia : trois points d’ancrage
La dernière génération du dispositif, commercialisée sous le nom Sécuridrap Selfia, repose sur un système de fixation à trois points d’ancrage. Ce mécanisme distingue le produit des draps de contention plus anciens, qui utilisaient des attaches latérales simples.
Les trois points d’ancrage répartissent la tension exercée par le patient sur plusieurs zones du lit. Le risque de cisaillement du tissu ou de désolidarisation diminue par rapport à un système à deux points. Le verrouillage de la fermeture est conçu pour empêcher une ouverture accidentelle par le patient, tout en restant accessible rapidement par le personnel soignant.
Ce que le verrouillage sécurisé change en pratique
Un patient désorienté qui tente de se lever exerce des tractions répétées, souvent asymétriques. Avec un verrouillage simple, ces tractions finissent par créer du jeu dans la fermeture. Le système Selfia utilise un verrouillage qui résiste aux tractions répétées sans nécessiter de réajustement par le soignant en cours de nuit.
Le soignant peut ouvrir le dispositif en quelques secondes pour un change, un repositionnement ou une urgence. La conception intègre donc deux exigences contradictoires : résistance aux manipulations involontaires du patient, facilité d’accès pour l’équipe de soin.
Confort patient et contention : concilier deux exigences opposées
La contention, quelle que soit sa forme, soulève une tension permanente entre sécurité et dignité. Un dispositif trop contraignant provoque de l’agitation, de l’anxiété, parfois des lésions cutanées. Un dispositif trop souple ne protège pas contre les chutes.
Le Sécuridrap se positionne sur ce curseur en utilisant un textile qui favorise l’apaisement et améliore la qualité du sommeil selon le fabricant Mulliez-Flory. Le tissu enveloppe sans comprimer. Le patient conserve la possibilité de bouger les bras, de tourner la tête, de fléchir les jambes dans une amplitude limitée.
Cette approche repose sur un principe connu en gériatrie : la sensation d’enveloppement réduit l’agitation chez certains patients désorientés. Le contact textile continu sur le tronc produit un effet contenant comparable, dans son principe, à celui des couvertures lestées utilisées dans d’autres contextes.
- Le tissu est sélectionné pour sa respirabilité, un paramètre déterminant chez des patients alités qui transpirent davantage la nuit
- La coupe du drap évite les plis de compression aux points de pression (sacrum, talons, omoplates)
- Le Sécuridrap est compatible avec le lavage industriel en blanchisserie hospitalière, ce qui garantit sa durabilité dans un usage intensif

Dispositif médical conforme : cadre réglementaire du Sécuridrap
Le Sécuridrap est classé comme dispositif médical, ce qui le soumet à un cadre réglementaire précis. Cette classification n’est pas anodine : elle implique des obligations de traçabilité, de marquage CE et de documentation technique que les draps de contention non classés dispositifs médicaux n’ont pas à respecter.
Pour un établissement de santé, utiliser un dispositif médical conforme apporte une sécurité juridique en cas d’incident. La traçabilité du produit, de son lot de fabrication à son affectation au patient, est documentée. En cas de défaillance, la chaîne de responsabilité est identifiable.
Prescription et cadre d’utilisation
La contention, même textile, reste un acte qui doit être prescrit et réévalué régulièrement. Le Sécuridrap ne s’utilise pas de manière autonome par un soignant sans prescription médicale préalable. Cette contrainte, parfois perçue comme un frein, protège à la fois le patient et l’établissement.
- La prescription doit préciser la durée et les conditions de réévaluation
- Le dispositif doit être vérifié à chaque installation pour s’assurer du bon positionnement des points d’ancrage
- L’état du textile (usure, déchirure, élasticité) fait l’objet d’un contrôle périodique dans le cadre de la maintenance des dispositifs médicaux
L’ANSM maintient une vigilance accrue sur la communication autour des dispositifs de santé. Des décisions de suspension de publicité ont été prises en 2026 pour des thérapies dont la conformité réglementaire n’était pas démontrée. Ce contexte renforce l’intérêt de s’orienter vers des dispositifs dont le statut réglementaire est clairement établi, comme le Sécuridrap.
Le choix d’un textile de contention en établissement ne se résume pas à une question de confort ou de praticité. Il engage la responsabilité de l’établissement, la qualité du sommeil du patient et l’organisation du travail de nuit. Un dispositif correctement classé, prescrit et entretenu reste la base d’une contention qui respecte à la fois la sécurité et la dignité de la personne soignée.